Catégorie : Les récits d’Annie (Page 1 sur 2)

[Récit d’Annie] Sortie raquettes 2017

SORTIE RAQUETTES 2017

Vendredi 10 février

Avec radio Phil, les kilomètres défilent ! Même le bouton arrêt ne pourrait faire cesser le flot de paroles débitées. Grâce à la pose pipi/café de Rabastens sur Bigorre, Philippe interrompt provisoirement le son … à peine remonté dans la voiture, sa verve le reprend plus que jamais ! C’est bien ainsi, Philippe est un remède contre l’ennui ! A l’entrée de Gavarnie, notre gite, le gypaète, est accueillant, dans la salle à manger de grandes tablées, devant la cheminée un assortiment de draps colorés, le patron se donne un air un peu grognon mais l’on sent tout de suite qu’il a bon fond ! Au premier, les chambrées. Dans quelques mètres carrés, 7 lits sont installés, les plus audacieux ont même un petit nid perché au bout d’une échelle de tous les dangers mais interdit aux titulaires d’une prostate à débit incontrôlé ! Alléchés par une bonne odeur de soupe mijotée, les premiers arrivés font honneur au dîner. A la table d’à côté, des employés de la station de ski, bien intentionnés, nous prévoient en terme de météo un samedi plutôt mauvais.

Samedi 11 février

Après une presque grasse matinée, effectif au complet, la journée semble bien s’annoncer. Une fois de plus, heureusement que nous n’écoutons pas les apprentis en météorologie, nous voilà partis à la conquête du Col de Lary. La montée s’annonce assez rude, quelques passages à forts dévers, avec calme et sans précipitation tout le monde devrait y arriver. Un premier faux col, la brèche de Roland n’a pas changé, plus haut, c’est sur un piton rocheux enneigé avec vue sur le domaine de Gavarnie que nous prenons le temps de nous ravitailler. Malgré le soleil au zénith, à 2300 m environ d’altitude la température est plutôt limite. Avant d’entamer la descente Claude sort sa mirabelle de son escarcelle, un surcroît de chaleur ne fait pas de mal même si elle est artificielle!
Là, plus question de suivre la trace, chacun sa route … ou sa déroute ! Quelques gamelles sans gravité, quelques arrêts incontrôlés, Claude siffle la récré, sous prétexte de repos, délestés des sacs à dos, nous nous laissons tomber à la renverse, à qui réalisera la plus belle trace dans la neige immaculée ! Quelques jets de boules de neige plus ou moins malhabiles, la séance est terminée, nous repartons d’un bon pied ! Tellement revigorés qu’à 14 heures environ, arrivés au parking, nous avons encore un trop plein d’énergie et décidons d’aller voir de plus près le Cirque de Gavarnie.

Victor pour qui c’est une première avec Accro est épaté par le niveau … des filles qui «génétiquement sont moins fortes que les garçons ». Même si c’est un peu « macho », venant de Victor c’est un compliment vu son palmarès de sportif éminent !

Sur le panneau du village le Cirque à 3 heures aller/retour est indiqué, les conditions sont rêvées, le dénivelé très modéré, il n’y a qu’à repérer la raquette dessinée sur les balises et se laisser glisser. Un passage en forêt, c’est parfait ! A gauche une trace sans signalisation, elle semble nous conduire vers la bonne direction. Aucune hésitation, nous l’empruntons. Un pont étroit et enneigé à traverser, accrochées à une paroi des chaînes sont là pour nous aider à franchir un pas mauvais, nous voilà au milieu des sapins sans trop de visibilité. Une énorme coulée sur le côté, des parois rocheuses ornées de stalactites du plus bel effet … à peine avons-nous décidé de continuer encore un moment, le soleil commençant à décliner, le fameux hôtel du Cirque apparaît ! Arrivés sur sa terrasse, malgré une luminosité peu favorable, la vue sur le Cirque est remarquable. Différent de son aspect estival, ses multiples cascades sont pétrifiées, sa courbe est atténuée … il vaut bien l’effort déployé pour arriver jusqu’à proximité. Ne pas trop s’attarder, il faut rentrer. Sans hésiter, Claude nous fait repasser par le même itinéraire boisé même si nous devons reprendre à l’envers le passage chaîné. Heureuse initiative, un bruit énorme, sûrement une coulée tout près de l’endroit où nous sommes. Arrivés au gîte, le temps de se refaire une santé à défaut de beauté, l’heure de l’apéro a sonné. Pour rester dans la bonne humeur, quoi de mieux que de re-raconter l’histoire du lapin et du perroquet tatoués… et ce, malgré la surprenante pudibonderie de Christian choqué par l’audace d’une sexagénaire décomplexée !

Les corps sont un peu fatigués et la plupart sont allés se coucher, hormis 4 joueurs de belote invétérés … et là encore les filles (Françoise et Dominique, pour ne pas les citer) ont gagné ! Victor ne doit plus rien comprendre à la génétique !

Dimanche 12 février

Pas question d’aller sur Saugué, le temps est trop brouillé. En attendant le plan B, prenons le petit déjeuner. Décidément Jean-Marie aurait dû rester au lit ! sur le sol les débris de son bol, sous son fessier le pied fracassé de son tabouret pourtant épais. Il lui en faut plus pour perdre son tonus ! Après en avoir délibéré, les encadrants proposent aux encadrés de faire une balade de santé et revenir au gîte pour pique-niquer. Faire et défaire c’est toujours randonner, faute d’avoir trouvé le chemin de Holle, nous reprenons le trajet d’hier à l’envers. Le paysage immaculé a perdu sa virginité, une couche de poussière ocrée s’est déposée, un coup de sirocco sur le blanc manteau !

Avant de se quitter, attablés au chaud dans la salle à manger, les bons moments sont remémorés, les nouveaux sont conquis, les anciens sont ravis… et toujours en fond musical, la petite voix de Marjo au timbre si identifiable !

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro Rando

 

[Récit d’Annie] Ile d’Oléron

Ile d’Oléron

Du lundi 04 au vendredi 08 juillet 2016

Comme on dit « ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte ! » Ce séjour « marche nordique » pas grand monde y croyait et pourtant nous l’avons fait ! C’est puéril à dire mais « ça n’a été que du bonheur ! » Un groupe convivial et souriant, un centre d’hébergement simple et accueillant, des circuits variés et différents, tous les ingrédients pour satisfaire gambettes et mirettes.

Nous n’avons même pas encore fait le tour du propriétaire que nous voilà déjà sur le pied de guerre, habillés en marcheurs et marcheuses nordiques, à la découverte des marais aux oiseaux. Par terre, dans les airs, grande concentration de volatiles d’Oléron… sans oublier les nombreux paons qui ne cessent d’appeler « léon » !  Revenus au point de départ, première pression pour la plupart ! détail important pour la suite des évènements, tout comme le premier apéro dont le contenu est allé crescendo !

Toujours plein d’énergie après notre première grande rando à travers les parcs à huîtres, Claude et Francis partent à l’envers à l’assaut de la Citadelle du Château et en reviennent tout penauds. Nous étions 11, tous motivés chacun chacune dans sa spécialité. Jean-Louis, chansonnier un peu graveleux, n’arrive pas à nous entraîner sur ce terrain sablonneux. Ne lui reste que les devinettes lettrées… manque de pot, il nous sert Lavoisier à la place de Rabelais. Pas grave Jean-Louis, la prochaine fois il faudra mieux réviser ! Mais dans la vie il n’y a pas que des « bièreux », il y a aussi Marie-Claude qui tourne à … l’eau chaude  et qui n’aime pas la mer froide. Son « lama » intestinal lui préconise cette médicamentation pour un plus grand confort matinal !  Francis, notre aventureux heureux, ne sait pas nager mais va systématiquement là où il n’a pas pied ; ce doit être son pain aux raisins quotidien qui le motive à aller toujours plus loin !

Au bout de quelques jours, l’Ile n’a plus de secret pour nous. Sous l’œil du phare de Chassiron, le sentier serpente au gré des caprices des grandes marées, ici une partie de falaise effondrée, là des centaines de cairns aux galets blancs empilés, malgré la fraicheur de l’océan tous (ou presque) à l’eau dans un même élan !

Quel luxe, dans l’équipe nous avons Maurice, intendant de service. Chaque matin, muni de sa liste il remplit sa mission : huîtres pour l’apéro amélioré, heures des marées, courrier posté, clé de la Chapelle de Grand Village … et même, Euro oblige ! organisation d’une soirée dans la fan-zone du bowling de Dolus où nous avons été reçus en VIP ! Depuis le départ Marie José doute de ses capacités,  persuadée de ne pas y arriver, chaque matin elle se surprend à continuer … non sans guetter quelque coin d’ombre à chaque arrêt. Il en est de même pour Mau qui découvre le rythme d’Accro Rando et se paie même le luxe de nous éclairer de ses ampoules aux pieds ! Quant à son compagnon, José, il la suit de près, toujours là pour l’encourager. Sous un soleil haut et franc, nous voilà partis dans les marais salants, en chemin le sable crado mais coquin attiré par les quilles des filles choisit celles de Flo pour lui dessiner des bas couture du plus bel effet ! Comme d’habitude, depuis le début, la silhouette longiligne de Claude fait l’ouverture, tel l’Homme qui Marche de Giacometti, penché sur ses bâtons, il investit l’Ile d’Oléron. Suivi de près par Georges, à la fidélité inconditionnelle à son vin de noix qu’il nous fait déguster depuis plusieurs années.

L’envie de marcher … vient en marchant ! Comme si le groupe n’en avait pas assez, le matin du départ, dernier bol d’air dans la forêt sauvage des Saumonards au plus près de Fort Boyard. Point de Père Fouras, du haut de sa tour il n’a pas le temps de nous voir tellement nous pressons le pas … et moi, carte en bandoulière, je gère, je guide, je fais ce que je peux et surtout tellement contente de voir les gens heureux … Il est midi, on ne va pas se quitter comme ça, Mamelou nous attend au fond de sa cabane. Personnage haut en couleur, tout en sueur, son métier : « égladier », sa cuisine : un gros sac d’aiguilles de pin, deux planchas toutes rouillées, un marmiton préposé à bien ranger des moules sur des planches brûlées, il suffit de les couvrir de grosses brassées d’aiguilles, d’y mettre le feu, le temps de consumer, l’églade est prête à consommer… une fois régalés, vous n’avez plus que vos mains à astiquer !

 

Le mot de la fin revient à Flo : "Un bol d'air vivifiant bien agréable en ce début d'été !!! "

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro Rando

[Récit d’Annie] Séjour Aragon 2016

SEJOUR EN ARAGON  « LA SIERRA DE GUARA »

Jeudi 05 mai 2016 – Alquézar

Remplis d’énergie, de très bonne heure nous voilà partis. Même la somnolence de la serveuse du bar de Seissan n’arrive pas à nous démotiver. Entre débordement de lait et passage de la serpillière sur le plancher, elle arrive quand même à nous servir nos cafés ! Alquézar apparaît ! son label «un des plus beaux village d’Espagne » n’est pas volé … l’heure de déjeuner est dépassée, sur un parking éloigné nous pique-niquons, ce n’est qu’après s’être sustentés que nous aviserons !  Une fois démarrés, plus rien ne peut nous arrêter, même pas l’absence de bâtons qui, pourtant, auraient été parfois très appréciés. Le Rio Vero au lit enchâssé dans la roche nous offre ses eaux émeraudes et nous invite même à le traverser. Pas le choix, nous devons y aller ! chaussures aux mains pour les plus audacieux, chaussures aux pieds pour les moins courageux.  L’adversité ne vient pas de l’eau émeraude pas très chaude, mais des cailloux qui n’ont de cesse de nous mettre à genoux.  Sous leur apparence de ne pas y toucher, ces galets agressent fortement nos plantes de pieds. A l’issue d’une quinzaine de gués, les va-nu-pieds sont épuisés… mais secs ! les bottés sont guillerets … mais mouillés !  Pour s’extraire de cette remarquable enclave naturelle, une seule voie : les passerelles suspendues au dessus du vide ou accrochées à la paroi. Au bout de la montée, Alquézar et ses terrasses de bar très animées devant lesquelles il n’est pas possible de passer sans s’arrêter (il faut bien avouer qu’on y retrouve toujours les mêmes assoiffés !). Une fois le village visité, il est temps de prendre nos quartiers à l’Hosteria de Guara, située à Bierge, au cœur de la Sierra. Dessus de lits à volants fleuris, les chambrettes sont désuètes, et même si ce soir il y a pénurie d’eau, l’accueil est des plus cordiaux.  Regroupés côté bistrot, nous ouvrons les festivités par une sangria-apéro. Moment de détente et convivialité au cours duquel Annie et Alain D., emportés par l’euphorie du moment, font des aveux surprenants sur leurs tatouages de lapin et perroquet à des endroits très singuliers !

Le dîner est servi dans la salle de restaurant de l’hôtel, nappe et serviette en tissu,  paëlla au menu, rien à jeter ! tout à garder !

 

Vendredi 06 mai 2016 – Real de Mascύn : de Rodellar à Otίn

Départ de Rodellar. Nous avons l’impression d’être à la maison, un groupe de Damazan dans la rue nous croisons. Accélération pour les « semer », ils sont nombreux et prennent la même direction. Très vite nous trouvons le chemin qui déambule dans un paysage de rochers, parfois troués,  l’imaginaire humain y voit même un dauphin. Un passage dans un muret et là nous nous retrouvons au milieu d’une forêt de chênes démesurés, tellement énormes qu’il faut s’y prendre à plusieurs pour faire le tour des troncs. Etonné Michel s’interroge sur ce rapprochement boisé, Claude Sar . à l’humour toujours exacerbé lui suggère d’en profiter pour recharger … son portable !  Alain C., inspiré veut une photo groupée, rien pour poser l’appareil,  son côté bricoleur ressort, ses deux bâtons plantés et rapprochés deviennent support.  Arrivés à Otin, village abandonné, ses maisons en ruines, son église délabrée, ne nous gâchent pas le plaisir de nous ravitailler. Installés le long d’un muret, la pause est  écourtée, l’air et le vent sont frais … et puis il y a Damazan qui vient d’arriver !!!  En contrebas, un bar ! fermé pour cause d’ermite décédé ! pas de café, direction l’église de Nasarre… enfin presque !  suite à une orientation déboussolée, nous prenons le chemin des écoliers.  Le tir vite rectifié, la chapelle visitée, direction le Dolmen de Losa Mora. C’est encore avec quelques hésitations que nous arrivons à destination. Alain C., tel un menhir, campé sur la lourde pierre plate, entouré de ses « sujets », pose en photo pour la postérité !  Descente dans les éboulis, de quoi attraper le tournis, un simple relâchement et c’est l’affaissement ! A 18 heures, nous sommes attendus chez une copine d’Alain C., Montse, qui, aidée par sa fille Violetta, nous a préparé une super sangria.

Encore une belle journée même si le soleil a du mal à se montrer, re-sangria à l’hôtel et comme si nous avions fait un effort inhumain au dîner nous sont servis lasagnes et lapin (encore lui … mais ce n’est pas le même qu’hier !).

 

Samedi 07 mai 2016 – Pacos de Morrano – Fuentes de la Tamara y el Puntillo

La pluie tombe fortement, l’encadrement est sur les dents. Tout en préservant le programme de la journée, il faut s’adapter. A la présentation de la matinée, Alain évoque la présence d’espèces rupicoles. Personne n’ose demander « qu’est-ce que c’est ? » Seul Claude Sar. a sa définition « c’est quelqu’un qui picole dans la rue, comme moi avant ! » Nous partons de Morrano … en espérant ne pas trouver « Nadine » sur le camino ! Celui-ci serpente au milieu des oliviers et des amandiers qui semblent cohabiter depuis des centaines d’années.  L’ambiance est gaie, les langues déliées. D’abord sérieuses, certaines filles font une revue de presse internationale, sans épargner Trump l’américain qui a intérêt à se la fermer ; puis dans un délire collectif elles évoquent l’éventualité de se déplacer à l’avenir en car … seulement dans le cas où elles auront procédé au casting très poussé pour choisir le chauffeur. D’ailleurs, plus tard, accroché à une paroi, un éphèbe torse nu et bronzé apparaît … voilà bien un spécimen à caster ! Michel, encore lui, est toujours aussi proche de Claude Sar. et nous fait même une confidence « quand on ne nous voit plus, on s’en met un coup » (traduction : « quand on ne nous voit pas, on accélère le pas »). Une fois contourné la formation rocheuse surplombant le canyon, « el huevo », qui n’a rien d’un œuf mais plutôt  d’un gros tas de crêpes entassées, nous faisons face à cette barrière rocheuse où vivent les fameuses espèces rupicoles. En guise de guetteur, une grosse autruche affalée sur un arbre, c’est un des vautours du quartier qui s’envole lourdement à notre arrivée. Incroyable ! des rapaces à tous les étages ! Et pour mieux se montrer, ils s’envolent les uns après les autres toutes ailes déployées. Un ballet aérien, ne manque que le son d’un opéra wagnérien. Les pieds sur terre, la tête dans les airs, quelle féérie ! c’est inouï ! Revenus à l’hôtel, nous pique-niquons sous la tonnelle. Comme dit Claudette « qui regarde trop la météo passe sa vie au bistrot». Pas de temps à perdre, direction Salto de Bierge où nous nous engageons sur le chemin qui mène aux fontaines de la Tamara et del Puntillo. Mais pourquoi Fabienne est-elle déchaînée? devant, rien ne peut l’arrêter, son secret : nous marchons sur une piste aménagée « handicapés » ! Todo va bene !  les fleurs nous offrent leurs belles couleurs, les genévriers nous caressent les mollets, les rapaces se délassent… jusqu’au moment où  arrivés au gué nous devons le traverser. De gros blocs en guise de pas japonais … quelques uns passent en enjambant,  Fabienne prend son élan mais attirée par l’eau comme un aimant elle plonge son séant dans le tourbillon du torrent ! un seul rocher vous manque et tout est dépeuplé !  Une grande flaque aux eaux claires, le paradis sur terre ! grimpés sur les rochers nous découvrons les gorges aux formes spectaculaires … assis sur un banc, Claude Sar., Alain C, Serge, nous font un remake des vieux du Muppet’show, penchés sur leur bâton entre les jambes ils soupirent « Eh ! oui » ! Au loin, une naïade à moitié nue tente tant bien que mal de réparer les affres d’un naufrage incontrôlé … Tiens ! à l’arrivée il manque 3 égarés. Sûrement pris par une envie pressante, Michel et Claude Sar. ont pris la tangente … pas de pot, ils n’ont pas pu semer Alain D. qui s’est joint au duo.

Dîner « parillada » à l’Hosteria Sierra de Guara … une adresse vraiment extra !

 

Dimanche 08 mai 2016 – Ermita de San Martin

Mystère ! ce matin nous avons rendez-vous avec Tito, un ermite des temps modernes, qui doit nous divulguer un secret. Nos voitures s’enfoncent dans un chemin  défoncé, au bout une maison délabrée, manifestement notre arrivée est annoncée. Notre homme, à l’aspect plutôt négligé, s’exprime en français avec un léger accent étranger. Barbe fleurie, bonnet sur la tête enfoncé, poignard au ceinturon, le regard est vif, les propos écolos. Une page blanche, un stylo, il nous dessine dans les moindres détails l’itinéraire à emprunter pour accéder à l’ermitage par sa propriété privée. Bien qu’il évoque la présence de chaînes et un sérieux dénivelé, à ce moment là personne ne percute sur la difficulté du trajet.  Le premier, puis le deuxième indice passé, nous nous enfonçons dans les entrailles du canyon. C’est du sérieux, Claude Sal. assure et même déjoue le piège dans lequel nous avons failli tomber ! « Après les deux pitons, surtout prendre les escaliers dans la roche creusés » a bien précisé Tito… Jean-Marie n’a sûrement pas tilté ! Encore des vautours agités … une pluie fine commence à tomber, ce n’est pas pour arranger notre descente assez risquée ! et dire qu’il faut remonter ! Une fois passé la passerelle qui enjambe le rio, de l’autre côté l’ermitage est un peu plus haut. Tout çà pour çà ! Blotti au pied d’une muraille vertigineuse, il ne faut que quelques minutes pour visiter l’ermitage de San Martin et penser à l’ermite qui n’avait pas intérêt à oublier le pain ! Malgré un tenace crachin, toujours sous le regard protecteur et l’entraide de quelques uns de nos compagnons de chemin, le retour se passe plutôt bien, même très bien. A tel point que nous explosons la prévision de Tito qui nous avait annoncé 4 heures de rando … alors que nous en avons mis à peine 3.  A tous et à toutes, bravo !

Un dernier déjeuner sous la tonnelle à l’hôtel, il est temps de ranger notre attirail et rentrer au bercail.

 

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro Rando

[Récit d’Annie] Sortie Raquettes 2016

SORTIE RAQUETTES 2016

Vendredi 04 mars 2016

Au bout de la route les Eaux Chaudes, en attendant c’est la douche froide !  la pluie tombe à seaux d’Agen à la Vallée d’Ossau.  Coincée entre deux parois élevées, la « Caverne » paraît être le seul lieu animé tant l’endroit est isolé. A peine la porte poussée, de notre gîte-auberge surgit une musique sixties qui nous donne tout de suite l’envie de bouger. Une patronne très avenante, un cuistot-patron aux bras tatoués, le décor est planté … mais au moment de l’installation  nous n’avons pas encore découvert les goûts de la maîtresse de maison. Dans la salle à manger, du carrelage vert du sol au plafond,  sur un guéridon trône un gros lapin en céramique vert joyau d’une collection baroque qui fait la fierté de sa propriétaire.  Près du bar, un pèlerin en bois tellement imposant que sa présence provoque à chaque fois qu’on l’approche un sursaut d’étonnement.

Nos dortoirs respectifs repérés,  sous les yeux de la garde cunicole  nous est servi le dîner. Tenus en haleine par un reportage glacial à la télé, nous attendons le reste du groupe pour le saluer. Tout le monde est bien arrivé, nous partons nous coucher.

Samedi 05 mars 2016

Au petit déjeuner, les habitués commencent à discuter, les nouveaux commencent à s’intégrer. De ces derniers, il y a notre jeune couple, Amélie et Olivier, leur seule exigence «avoir des lits à côté et non pas superposés» !! Il y a également Michel, précédé d’une réputation de randonneur effréné. Bonnet rouge à la Capitaine Cousteau, collants de sportif de haut niveau, une seule anxiété : sa première fois avec des raquettes aux pieds !

Dehors la route est mouillée, la neige commence à tomber. Mais pour raquetter il faut s’élever. Doucement mais sûrement, la route commence à glisser, la voiture de Claude Sar. à se trémousser, nous atteignons un parking d’où démarre la liaison pour le Lac Bious-Artigues. Trois hommes, étrangers à notre groupe, se croient obligés de nous paniquer en nous indiquant que le passage est risqué. Faisant fi de ces « recommandations » anxiogènes, nous passons devant les panneaux  avertisseurs de danger et attaquons la route enneigée. Les flocons se font de plus en plus épais, les branches des arbres sont toutes décorées,  et même qu’il faut quitter une pelure car l’effort commence à réchauffer les corps. Fabienne faiblit mais ne rompt pas, son petit déjeuner est trop vite passé…  Il est midi, la digue du lac apparaît, pour le plus grand nombre il est temps de pique-niquer. Avant de s’installer sous des grands sapins aux branches courbées, Claude Sal. propose un jeu d’enfant et en fait la démonstration le premier : s’étaler dans la neige la tête la première les bras écartés. Point de second il y eut, à cet instant le groupe ne voulait pas jouer… mais plutôt manger et se réchauffer !!  Il ne fallait pas rêver, l’abri mouillé ne nous a pas protégés, l’arrêt a vite été abrégé. A ce moment-là, scission : les moins motivés et les plus fatigués repartent, tandis que les moins éprouvés décident de faire le tour du lac. Jean-Marie O.,  carte et gps en mains, fait la trace. Au loin un renard à la queue imposante s’enfuie devant l’approche de notre horde bruyante.  Le bout du lac est dépassé et nous commençons à nous éloigner. Un peu de hors piste et nous voilà revenus dans le droit chemin. Sur un pont enjambant un torrent gelé, tous transis, Claude Sal.  nous présente Sarko … tellement petit qu’il le sort de son sac à dos ! dans un flasque à l’effigie de Sarkozy, nous buvons chacun à notre tour une gnole prune/amande si réconfortante qu’elle a un goût de reviens-y ! Même pour Michel qui se surprend à boire de l’alcool sans le savoir.  Si ce matin, l’on a plutôt grimpé, cet après-midi il faut dévaler. Et là, le matériel de Michel ne répond plus ! des chutes successives, ce n’est pas de sa faute à lui, bien sûr, mais à ses raquettes qui pètent !

Retour à La Caverne, les premiers revenants sont déjà installés au comptoir, rejoints très bientôt par le deuxième débarquement qui se réconforte en mangeant un gâteau des Rois datant de l’Epiphanie !

Dans le dortoir, le jeune Olivier à la peau délicate boitille, une ampoule le titille. Jean-Claude, boîte à outils à la main, intervient, un Compil devrait faire l’affaire avant qu’elle n’éclaire et devienne cratère.

En attendant le dîner, un tournoi de belote est organisé … depuis plusieurs années Claudette est toujours en formation, Michel se la joue modeste alors qu’il n’a vraiment pas besoin d’initiation … et comme toujours, ce sont surtout les plus chanceux qui gagnent… et peut-être aussi ceux qui jouent le mieux.

Ce soir, Alain a envie de chanter. Après le repas, rendez-vous est donné dans le grand dortoir pour répéter. Au bout d’une chanson, faute de chanteurs motivés mais surtout fatigués, le récital s’interrompt, Alain replie ses partitions !

Dimanche 06 mars 2016

Cette nuit, c’est vraiment tombé ! sur le sol la neige est restée, même si les engins ont déneigé, il faut sortir le plan B. Pas question d’aller au cirque d’Anéou, pour sécuriser il faut aller au plus près. Direction Goust et pourquoi ne pas viser le plateau de Lusque ou de Besse, sous le Pic de la Gentiane, cela devrait pouvoir se réaliser ! Un groupe de bordelais est en train de se garer, nous nous alignons derrière leurs véhicules et partons, raquettes sur l’épaule, rejoindre le début du sentier. Quelques kilomètres à pied ça suffit pour chauffer les corps et les pensées. Jean-Marie O.  bougon « on aurait pu éviter tout ce goudron ». L’atmosphère est calme mais pas très détendue. La montée dans la forêt est fabuleuse, les arbres couverts de leur blanc manteau nous font la révérence, frondeurs de la neige ils nous balancent, d’un balcon la vallée s’offre à nos yeux envoutés, le groupe de bordelais rattrapé les garçons de notre groupe se relaient pour tracer. A chaque pas, malgré les raquettes, ils s’enfoncent jusqu'aux mollets, nous derrière nous n’avons plus qu’à bien viser les traces pour avancer. Chapeau les costauds !  Il est midi, après s’être égayés dans la poudreuse du plateau de Lusque, nous décidons de nous arrêter au pied d’un relais télé pour manger.  Jean-Marie O. veut continuer, Alain pris par l’ivresse des cimes, le renvoie dans l’abîme. Pique-nique lourd et silencieux, après la tempête un peu de répit grâce au génépi de mon sac sorti. La descente est aussi belle que la montée, et pour se quitter sur une note enchantée nous  repassons par la Caverne pour trinquer à notre santé.

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro Rando

[Récit d’Annie] Sentier Cathare – Bugarach

RANDO SENTIER CATHARE – BUGARACH

 

Vendredi 1er mai 2015

Muguet au fusil, nous voilà partis ! Matin voiture, après-midi aventure ! au pied du château de Padern, notre insouciance est guillerette, Pierrot sort son saucisson et ses rillettes, le vin coule à flot, même si nous sommes lourds ce n’est pas grave pour une « petite » rando. Au programme, 16 km pour rejoindre Duilhac au pied du Château de Peyrepertuse, 13 h 30 départ, en 4/5 heures pour des randonneurs chevronnés (comme nous !) cette étape doit être pliée ! Pas le temps de digérer, tout de suite il faut grimper. Premiers essoufflements, premiers renoncements. Au dessus de nos têtes Quéribus qui surveille Cucugnan, dont le nom nous évoque bien un curé … mais celui de Camaret !!! Bien nous a pris de ne pas visiter le château car après les choses sérieuses ont commencé !  Itinéraire de crêtes au balisage jaune très discret, à peine un sommet contourné qu’un autre apparaît. En plus des pieds, les mains sont d’une grande utilité, au ras des falaises, il faut être balèze, le quartier est vraiment déconseillé aux personnes impressionnées. De temps  à autre, un passage dans les buis et les chênes, même là on n’a guère le temps de s’attarder, tant le sol tout labouré indique la présence d’une forte communauté de sangliers.  Comme si nous n’en avions pas assez, la pluie commence à tomber.  Et dire que la Quille est le nom de ce sommet, à cet instant il évoque plutôt la captivité. Sur un arbre, une flèche « piste » nous indique la sortie. Ne pas réfléchir, une seule envie déguerpir… et pourtant c’est presque de pire en pire ! Une descente quasiment impossible à dévaler debout sur ses pieds. Les semelles ne sont pas assez cramponnées, les bâtons ne peuvent être plantés, seule solution d’arbres en arbres se lancer et aux branches s’accrocher. Sauve qui peut, chacun fait ce qu’il peut ! Au gîte, Pierrot a tout organisé, la responsable du lieu sidérée par notre hardiesse est apaisée de nous voir arriver … il faut dire qu’il est 20 h 30 et que nous avons au compteur quelques 1100 m de dénivelées. C’est à La Batteuse que nous allons dîner. Un vin blanc du Pays pour se requinquer, un plat de charcuterie pour démarrer, et des « boles de picoulat » à avaler. Deux boules de viande et une saucisse déposées d’une manière très suggestive sur des haricots, il n’en faut pas plus pour effacer toute trace de fatigue et retrouver les joies de la rando. Comme des zombies nous regagnons notre gîte, au lit, vite ! vite !

 

Samedi 02 mai 2015

Ô miracle ! Tout est en place ! d’hier plus aucune trace (ou presque) ! C’est toujours très étonnant de constater qu’après une nuit tranquille le corps jubile. Duilhac/Camps sur Agly, étape-liaison, tout le monde est au diapason. Des dénivelés, des paysages de fleurs tous parés. Ici, des cistes roses duveteuses, là des tulipes violettes discrètes, et même un massif d’iris violets à côté duquel nous pique-niquons et piquons un roupillon. Nous n’en finissons plus de dévaler pour nous retrouver à l’entrée des Gorges de Galamus. A flanc de falaise, l’ermitage, avant d’y descendre, arrêt pour cause de rafraîchissement bien mérité. Pas pour la serveuse si peu impliquée qu’il faut lui répéter plusieurs fois notre choix. Au moment de payer, elle disparaît, à genoux elle ramasse le contenu de son tiroir-caisse renversé sur le plancher… A la sortie de l’ermitage, quelques escaliers pour remonter, assez pour couper les mollets et écourter le souffle déjà bien entamé. Il suffit de cheminer dans les Gorges de Galamus pour retrouver le tonus ! Un canyon vertigineux, des vasques d’eau paisible dans lesquelles paressent des truites tranquilles, une merveille de la nature qui invite à l’aventure. Au bout de 26 km, la ferme de Camps, assise devant la porte dame patronnesse d’un signe de la main nous indique le chemin qui mène à nos chambrées. Comme dit Josiane, le service hygiène et sécurité ne doit pas souvent passer. Malgré tout, c’est convenable, et notre hôtesse au physique indéterminé s’échine à nous être agréable. Apéro « Accro » sous la tonnelle, dîner dans une belle salle rénovée avec feu de cheminée, le dîner est presque parfait, le pain fabriqué maison est divin, il ne nous reste plus qu’à chanter !  Aussitôt dit, aussitôt fait … à la mine de nos voisins … notre chœur ne semble pas encore au point !

 

Dimanche 03 mai 2015

Point culminant du week-end, le Pech de Bugarach, 1230 m. Trop pressés de le défier, nous partons sans payer ! Tandis qu’Alain retourne sur ses pas, nous constatons combien le plafond est bas ! La brume est épaisse, les hauteurs disparaissent. Au fur et à mesure que nous montons, le brouillard s’agglutine dans la vallée,  au loin le Canigou et les Pyrénées encore enneigées, nous voilà au dessus d’une mer de nuages arrivés. Un temps d’arrêt pour la photo tellement c’est beau ! Chacun/chacune s’apprête à l’assaut final, Jean-Marie remet à l’endroit ses bretelles tandis que Françoise remonte son pantalon XXL.  Une fois de plus l’apparition a frappé, Bugarach est ensoleillé. Il n’y a plus qu’à l’affronter. 3 itinéraires, 2 plutôt « pépères », 1 plutôt sévère. Sur le panneau «itinéraire sportif », aucune hésitation, c’est par là que nous passons. Au début, c’est cool, arrivés au pied d’un rocher, Alain s’écrie « les bâtons, tous au abri ! ». Plus possible de les utiliser, c’est à mains nues que nous grimpons de rocher en rocher, il y a même une corde pour nous (r)assurer. Un couple affolé, il nous signale plus haut un chien dans la paroi coincé. Alain le costaud et Françoise la Brigitte Bardot, tentent mais en vain de l’extraire, il ne se laisse pas faire. A regrets nous nous éloignons et pour nous  donner bonne conscience laissons à ses côtés un ceinturon … pour l’aider à sortir de sa prison ! Au sommet du Pech, retrouvailles avec nos 3 compagnons qui sont partis du Col de Limas … et qui, pourtant, n’ont pas joué les limaçons. Bises, photos, pique-nique, repos, plein les mirettes nous redescendons le Bugarach en mode freinage, Alain, Claude et Françoise, en mal de sensations, en mode dérapage.

Voilà, c’est fini ! Encore un arrêt à Rennes les Bains pour boire le demi ! l’aubergiste rock and roll nous abreuve de paroles … si Bugarach attire les illuminés, c’est parce que c’est une montage inversée !!!!

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro-Rando

 

[Récit d’Annie] Najac / Cordes sur ciel

RANDO NAJAC

Samedi 21 Mars 2015

Gendarmerie de Tournon,  la voiture A et la voiture B ont rendez-vous, direction Najac dans l’Aveyron.

Ecartez-vous du quai, un train en gare de Najac va rentrer. Un groupe de randonneurs attend là, il le regarde passer, c’est le lieu insolite du départ de la randonnée. Pendant ce temps, la voiture A et la voiture B repartent vers Laguépie, où nous dormons ce soir, ne revient à Najac que la voiture A.

 Au-dessus de nos têtes, Najac la haut perchée, trop près, c’est par une boucle de quelques kilomètres, question de se chauffer, que nous nous retrouvons à son pied. Du souffle il en faut pour atteindre ce village dit l’un des plus beaux de France. Pas possible de s’égarer, il suffit de suivre la rue principale pour visiter. A cette saison, guère d’animation, seuls quelques restaurants annoncent l’addition. Depuis le matin une pluie fine tombe sur nos anoraks, grimper sur l’arête rocheuse de Najac creuse les estomacs. A l’unanimité nous souhaitons confortablement pique-niquer. Pourquoi se refuser cet honneur : notre Président nous invite chez Monsieur le Gouverneur. Une bâtisse imposante, en rénovation, voilà sa Maison. Un trou dans le mur, nous pénétrons dans une pièce en ruine, au sol des gravats, peut-être des rats, de la poussière en tas, bref ! Nous sommes abrités… la noblesse n’est plus ce qu’elle était ! Comme vous l’imaginez, nous repartons sans remercier, sur les 25 km de la journée, il en reste encore une tapée.

Alors que nous cheminons tranquillement mais sûrement ! Hallucinations ! Un vélo, un râteau, une poussette, une brouette, un arrosoir, une armoire … des dizaines et des dizaines de jouets colorés décorent les arbres de la forêt. Ceux qui l’ont fait ont dû bien s’amuser … en tout cas ça fait son effet !  Avant d’atteindre la rivière Aveyron, le chemin serpente à travers une végétation biscornue et poilue. Disparaissant sous la mousse dégoulinante, l’atmosphère est étrange, on dirait la forêt de Brocéliande. Elfes, trolls et autres farfadets doivent bien se marrer de voir ces humains encapuchonnés de peur de se tremper ! Le Président annonce « plus que 2 km », dopés, cadence accélérée, pas de maison à l’horizon, Laguépie ce n’est pas ici… il fallait appliquer la Tva à la distance donnée !

Arrivés au gîte, le chauffeur de la voiture B repart avec le chauffeur de la voiture A pour que les deux véhicules soient là demain matin. Vous l’aurez compris, ce séjour n’était ouvert qu’à des randonneurs diplômés en mathématiques, il fallait beaucoup réfléchir pour mettre en place une telle tactique.

18 heures, toutes et tous chez Fifi, au bar de Laguépie où se retrouvent les passionnés de rugby. Malgré la défaite des Français, nous buvons à notre santé ! Un dîner sympa dans une pizzéria, retour au gîte réputé pour sa tranquillité … sauf ce soir car les chasseurs ont la bonne idée de faire leur repas dans le bâtiment d’à-côté.

Mais il est trop tôt pour se coucher. Alain, chanteur au  talent caché, propose de revisiter les vieux standards français. Regroupés dans une chambre, nous tentons tant bien que mal d’improviser une chorale. Au début, ça manque d’air, à la fin un vrai concert. Gorges déployées, plus rien ne peut nous arrêter. Le répertoire épuisé, force est de constater que nous devons encore beaucoup travailler… nos exploits vocaux sont vite limités surtout lorsqu’on s’attaque à Mexico de Luis Mariano !

 

Dimanche 22 Mars 2015

Hommage aux chasseurs de Laguépie, ils sont bien élevés, ils sont discrets. Après avoir pris un petit déjeuner debout dans un local-cuisine fourre-tout, nous attendons que la voiture A revienne après avoir accompagnée la voiture B à Cordes sur Ciel. Arrêt café chez Fifi, et nous voilà repartis.

Un soleil voilé, un paysage dégagé, des villages typiques aveyronnais, au loin sur le chemin le seul groupe rencontré. Echanges de bons procédés, c’est presque en copains que nous passons notre chemin. Mouzieys-Panens, c’est sur le muret de son château que nous buvons l’apéro et avalons quelques morceaux. Une dame bavarde s’approche et nous prend le chou avec les «respounchous».

Au loin, Cordes juchée sur son promontoire, ne pas l’approcher rapidement, lui tourner autour pour mieux l’admirer avant de l’affronter. Le GPS d’Alain et la carte de Claude ne sont pas au diapason. Un passage par des champs à la terre amoureuse, une traversée de ferme un peu aventureuse, pas de souci, c’est un bon raccourci. Avant de monter à Cordes notre regard se porte sur une immense demeure au perron gardé par … 2 chèvres (vivantes) juchées de chaque côté de la rampe d’escalier. Premières ruelles escarpées et pavées, tout le monde se tait, c’est le moment de respirer, se concentrer, gérer, deux garçons accélèrent le pas de peur d’être doublés, peine perdue ils n’arrivent pas à nous lâcher, nous atteignons le 7ème ciel, c’est du sommet que nous découvrons Cordes sur Ciel.

Après avoir monté courageusement  … et bien l’on redescend gentiment ! C’est autour du verre de l’amitié, que nous croquons les Croquants … et attendons que la voiture A et la voiture B se rejoignent pour nous ramener !

 

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro-Rando
 

[Récit d’Annie] Sortie raquettes 2015 vallée d’Aspe

SORTIE RAQUETTES 2015

 

Samedi 07 mars 2015

Ciel bleu, neige blanche, la météo est d’aplomb … sauf les ânes de la maison qui au lieu d’être gris sont marrons !

C’est de la Garbure que nous partons pour une nouvelle aventure. Gîte du village d’Etsaut, au cœur de la vallée d’Aspe, il faut être guidé pour le trouver.  Au départ, nous sommes 16 « accros », munis de raquettes et bâtons, nous franchissons la frontière espagnole sans obstruction et nous retrouvons au départ d’une balade qui doit nous mener au Lac d’Estaens … et à la mujer muerta ! Drôle de nom, nous allons faire attention, au cas où cela donnerait de mauvaises intentions à nos compagnons.

A peine franchi un ruisseau caché  à cause du manteau enneigé, une raffarinade me vient à l’esprit : «la route est droite mais la pente est forte ». Pas la peine de faire des échauffements, la chaleur vient en marchant ! Et grimpe que je te grimpe, peu de plage de repos, nous ne sommes pas encore en haut ! Stéphanie, notre jeunette, a le rose aux pommettes, Francis, notre vétéran, est couvert jusqu’aux dents. Tandis que  Claude part  à la recherche de son appareil photo perdu !  Au loin, des groupes se dirigent dans la même direction que nous, dans cet univers immaculé nous ne sommes pas isolés.  Après deux heures d’effort, en contrebas nous imaginons le Lac dont la surface neigeuse n’a guère été marquée par des traces audacieuses. Pourquoi faire plus malin ? Comme tout le monde nous contournons notre chemin. En surplomb, des rochers s’offrent à nos fesses pour un pique-nique prolongé. C’est toujours une heureuse surprise de découvrir que nos garçons tirent de leurs sacs des litrons ! Arrivée bruyante d’espagnols, ils tournent, ils virent, plus de canapés pour se délasser, ne restent que des tabourets ! Peu rancunier, l’un deux se propose pour nous tirer le portrait.

Revenir par la vallée ? Même pas envisageable pour nos guides expérimentés ;  aucun danger, c’est par les crêtes que nous rejoignons le goulet. Quelle bonne idée ! Une vue circulaire, un paysage lunaire, des glissades acrobatiques pas toujours contrôlées, le bras de Françoise en ressort quelque peu balafré ! Plusieurs pieds sont échauffés, les ampoules commencent à éclairer. Arrivé au parking, le groupe n’a pas envie de rentrer, direction la Gare de Campfranc désaffectée à tout jamais. Un monument si démesuré que l’on a peine à comprendre la finalité. C’est dans un bar de la localité que nous buvons à notre santé !

Soirée tranquille à la Garbure, au dîner Alain doit chanter, en grand timide qu’il est ( !) il n’a pas osé … et pourtant on lui a promis de ne pas le regarder mais seulement d’écouter !

 

Dimanche 08 mars 2015

Ghislaine déclare forfait, ses ampoules ont eu raison de sa bonne volonté. Avant de partir vers les Aiguilles d’Ansaberre, c’est au bar du village que nous prenons un dernier café.

Le parking du départ est saturé, normal avec un temps aussi ensoleillé. Aujourd’hui, c’est la journée de la femme. « Nos » hommes très galants mais avec un peu d’excès ne cessent de nous la fêter. Emporté par son élan généreux, Alain en fait profiter deux randonneuses, lesquelles ne tardent pas à engueuler leurs maris contrits de n’y avoir pensé. Aujourd’hui, la montée est plus régulière, de toute part des coulées énormes constituées d’arbres arrachés, terre emportée, rochers détachés. Un cahot indescriptible stigmate des chutes des semaines écoulées. A tel point que de la cabane, but de notre virée, n’émerge qu’un toit éventré et une girouette à quelques mètres plantée. Des rochers balayés et nous voilà installés. A ce moment, les jours se suivent et se ressemblent. Pique nique ensoleillé, vin servi frais, discussion animée, la vie est belle ! Voilà qu’Alain, si timoré hier soir, retrouve la mémoire et nous sort de son répertoire une chansonnette qui ferait pâlir plus d’un chanteur d’opérette.

A peine la descente amorcée, Serge du fond de sa besace nous sort son flasque. Un petit coup de génépi et c’est reparti ! L’humeur des uns et des autres est joueuse, Clo-Clo et ses Claudettes se cherchent et se trouvent. La neige devient « un jouet extraordinaire ». Pour notre trio « il fait beau ! il fait bon ! y’a que le printemps qui chante ! »

Le soleil est encore très haut lorsque nous arrivons aux voitures. Bien sûr, il y a quelques courbatures, des visages plus ou moins écarlates, mais surtout des sourires de plaisir, signe d’une envie de revenir.   

 

 

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro Rando

[Récit d’Annie] Macaye

MAKEA OINEZ

JOURNEE DE RANDO DE MACAYE (PAYS BASQUE)

DIMANCHE 12 OCTOBRE 2014

 

 

Samedi 11 octobre – Vite, vite … à peine les bâtons nordiques rangés, il faut partir pour la Makea Oinez ! Proposée par notre Président, nous sommes 14 à avoir signé pour cette rando au nom bizarre sauf pour les gens de Navarre.  

Après un grand détour par Bayonne, nous voilà à Macaye, au cœur du Pays Basque, ses maisons au blanc crépi, son église aux 3 mezzanines, son dortoir communal sans chichi … et, bien sûr, son restaurant qui nous attend pour un dîner « léger ».  Une fois la réunification du groupe effectuée, nous nous rendons au pied du « mur à gauche » pour nous faire pré-enregistrer . 

Arrivés la veille du départ pour être en forme, notre programme de préparation ne s’est pas tout à fait déroulé selon les normes.  Ogibarnia, ce restaurant familial offre une cuisine gastronomique aux desserts astronomiques ! Lourds et lents, nous regagnons notre gîte non sans avoir tenté d’enfoncer une porte ouverte que l’on croyait fermée.

Dimanche 12 octobre –  6 h 30, l’heure des braves, il faut se lever, le Baigura est bien là, il n’y a plus qu’à … ! Un petit déjeuner frugal au coin d’une table, nous nous garons dans le fossé, les parkings sont déjà pleins à craquer, un passage par l’enregistrement où la plupart opte pour 25 km et 1040m de dénivelés, autour du cou notre laissez-passer au cas où l’on se perdrait, avec les numéros 1100 et suivants nous ne sommes manifestement pas les premiers. Dernière formalité avant de démarrer : la photo. Les petits devant, les grands derrière, bien rangés, nous sourions mais point de petit oiseau … il n’y a pas de préposé à la photo ! D’après les initiés déjà venus d’autres années, le seul petit hic sur ce trajet, un mur assez marqué. Vu d’en bas, il est assez impressionnant, sur son flanc une procession sans fin d’un public éclectique : des étalons sans pantalon avec flottants des plus seyants, des séductrices à la tenue dévastatrice, des jeunes pubères à l’allure altière, des vieux croûtons au courage sans nom … soutenus par des bâtons ! A son sommet, ce n’est pas le mur qui est marqué mais les têtes de ceux et celles qui y sont arrivés. Les plus entraînés (ils/elles se reconnaîtront) font comme si ce n’était qu’une simple formalité, les normaux courbent tout de même l’échine du dos, tandis que les plus essoufflés (ils/elles se reconnaîtront aussi) s’arrêtent régulièrement sans capituler. En montant comme en descendant, le paysage est grand ! Est-ce l’ivresse des hauteurs ? les moutons ont des drôles de couleurs. Dans la vallée, une base de loisirs transformée en garden-party où nous pouvons récupérer des efforts de la matinée. Plus que quelques kilomètres et le tour sera joué. A quelques encablures de l’arrivée, plus de flèche, nous sommes quelques uns à aller au plus court et suivons comme des moutons. Le raccourci se finit dans un fossé que nous franchissons sur les fesses piquées par les orties. Toutes nos forces n’ont pas été laissées dans cette journée, place à la troisième mi-temps … sa bière … ses châtaignes grillées. Merci Président pour cette virée, un bon plan à renouveler.

 

Les participants : Alain et Josiane, Bernard et Françoise, Eric et Isabelle, Jean-Claude et Marie-Pierre, Serge et Huguette, Claude, Claudette, Francis,  Annie.

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro-Rando

[Récit d’Annie] Séjour Vercors

Dimanche 20 – Comment s’égarer alors que vous avez en mains l’itinéraire concocté par notre Président via Google Earth (excusez du peu !) pour se rendre de Villeneuve sur Lot à Chichilianne ! Eh oui ! Chichilianne ça existe et même que c’est en France, ce village au drôle de nom se situe au cœur du Vercors, région qui nous semble si lointaine, à nous les gens d’Aquitaine. 10 h 15, pose petit déjeuner à Lanuéjouls : son parking, sa boulangerie, son bar… l’endroit idéal pour faire le plein d’énergie au cas où il en manquerait, mais surtout le prétexte à engloutir croissants et chocolatines à peine sortis du four peu recommandés dans la vie de tous les jours.  Rodez, Mende, ce n’est pas le trafic qui nous panique, dommage que la météo n’ait pas voulu briller, c’est sous une pluie fine que nous atteignons le point déjeuner : le col de la Pierre Plantée. Une stèle marquant le partage des eaux, rien pour s’abriter,  nous repartons à la recherche d’un endroit moins exposé.  Langogne, sa place du marché encombrée, pas de souci , suivons notre guide Josiane, elle vient de repérer un abri. Il est grand, il est goudronné … son seul inconvénient c’est que c’est la station service de l’Intermarché ! Après le pique nique sur une aire aménagée, il reste encore au moins 200 km et les routes sont de plus en plus tourmentées. La pluie tombe à seaux, à tel point que nous ne voyons plus le bout du capot ! l’orage gronde, les éclairs tombent, Aubenas, Privas, Die, la France profonde comme on dit … après un col en lacets et quelques 550 km avalés, Chichilianne, son clocher, sa mairie-école retapée où notre gîte est installé au rez de chaussée. 

Lundi 21 – Réflexes du matin : scruter le ciel pour voir sa couleur dominante, se connecter à la météo et ses prévisions imprudentes. Lorsqu’un randonneur a les fourmis dans les mollets, il faut y aller ! Le fameux Mont Aiguille, rocher emblématique qui domine le village, se devine. Les nuages sont  accrochés, une pluie fine commence à tomber, nous tentons malgré tout sa montée. Le doute commence à s’installer : a-t-on raison d’insister ? 2 chemins : l’un à gauche balisé, l’autre tout droit plutôt raide à grimper. Premier dilemme suivi de bien d’autres !  le GPS de Jacques fonce tout droit tête baissée, l’instinct du randonneur se porte plutôt vers le plus sécurisé. Un peu plus loin, les deux itinéraires se rejoignent, le plus escarpé n’était qu’un raccourci pour grimpeur affranchi. Echines courbées, il faut bien se l’avouer  le temps ne va pas s’arranger. Nous décidons collégialement sur proposition du Président de retourner dans la vallée. Mouillés mais pas fatigués, nous voilà partis pour le Pas de l’Aiguille, haut site de la Résistance  où 9 sépultures sont érigées pour ne pas oublier. Fabienne présente déjà les symptômes d’une randonneuse singulière.  Guêtres montées à l’envers, elle s’aperçoit rapidement qu’ainsi harnachée elle est un peu gênée, cheveux trempés elle me confie ne pas pouvoir les laver faute de shampoing dans son sac  vidé. Il est à peine midi, une yourte à proximité, le refuge de Chaumailloux, dans lequel nous pique niquons tout en faisant sécher nos effets. Pas la peine de continuer, il fait trop mauvais. Tandis que 2 égarés prennent le chemin des écoliers entraînant l’irritation du  « patron », c’est presqu’au complet que nous repartons. Un rocher phallus qui fait rêver les garçons, il est à peine 14 h lorsqu’au gîte nous arrivons. Très vite, notre salle à manger est transformée en estaminet jusqu’au dîner. Avant que ne redémarrent de nouvelles parties acharnées, un petit tour dans le village, arrêt devant un arbre remarquable dû aux curiosités de dame nature qui a croisé un saule et un épicéa ! ça ne s’invente pas !  incroyable : de toute part, sortent des escargots obèses qu’il n’en faudrait que 6 à la douzaine ! nos hôtes nous diront le lendemain que leur ramassage est réglementé et qu’en ce moment ils peuvent se déplacer sans crainte de finir en fricassée.

Mardi 22 – Devinez quoi ? le temps est bouché. Même si nous avons à peine commencé nos randos, nous prenons notre jour de repos. Un petit tour par le marché hebdomadaire où s’installent avec lenteur  4 ou 5 vendeurs, nous voilà partis pour visiter le Mémorial de la Résistance à Vassieux. En route,  Francis en rébellion perpétuelle nous fait sa révolution. Dans sa tombe, le Ché doit jubiler, sa relève est assurée … par un lot-et-garonnais !  Arrêt à Villard de Lans où quelques « nanas » ne peuvent s’empêcher de lécher … les vitrines. Au bas du mémorial, nous nous arrêtons dans une Nécropole, sur chacune des tombes une rose témoigne de la commémoration passée, l’air est frais et venté, le lieu impose le respect. Plus haut, en bordure de falaise, le Mémorial semble se cacher tout comme les hommes dans la clandestinité. Pas la peine d’en rajouter, juste reprendre une phrase du dépliant « un lieu qui questionne, qui incite à la réflexion et au souvenir ». Se consacrer aux nourritures documentaires, c’est bien, s’adonner aux plaisirs culinaires … c’est bien aussi ! Repéré par Isabelle et Eric, un restau aux cuisses de grenouilles servies, arrêt pour humer et photographier un champ de lavande aux rangs bien alignés,  pour compléter notre culture générale, visite de la Cave de Die pour connaître concrètement la différence entre la Clairette et le Crémant. Point d’excès, seule Ghislaine ne semble pas digérer la comparaison avec une tête de carafon ! Ce soir, Nicolas notre hôte-cuistot, propose caillette et ravioles.  Une fois de plus, nous ne coucherons pas idiots puisque nous venons de goûter  quelque chose  de nouveau !  Balade pour digérer, sommeil apaisé !

Mercredi 23 – Soyons fous ! Partons pour les passerelles vers l’aventure. Entre ciel et eau, 2 passerelles himalayennes au dessus du Lac de Monteynard-Avignonet nous garantissent grands frissons… mais avant d’y arriver, l’aventure vécue n’était pas prévue ! Au début, tout glisse ! une mini croisière d’un quart d’heure, débarquement sur l’autre rive, lieu de départ de l’itinéraire touristique. Pour Accro Rando, point de sentiers battus, un parcours inconnu. En avant tous derrière le GPS de Jacques en qui, il voue une confiance aveugle !  quelques hésitations, nous voilà recalés grâce à l’appareil magique dans la bonne direction. Zut ! un goudron ! qu’à cela ne tienne, nous l’abandonnons et suivons Jacques dans un hors piste digne de ce nom ! parc à vaches, clôtures électriques, champs plus ou moins cultivés, rien ne nous arrête ! et on descend ! et on descend ! Un coup d’œil ultime sur son appareil, Jacques décide de remonter. Seul  c’est facile, à 16 un peu moins, dans un sauve-qui-peut  échevelé, nous traversons des buissons ardents aux piquants acérés. Au milieu de cette végétation épaisse et hostile, Jean-Pierre, venu exceptionnellement marcher pour la journée, détend l’atmosphère  «je ne me suis pas déguisé en feuille de chou pour ne pas me faire bouffer la tige par les lapins ». Un bon mot et c’est reparti ! à défaut de parcours balisé, c’est par la route goudronnée que nous atteignons la Passerelle du Drac. Arrêt sur image, les gorges sont enjambées avec plus ou moins d’anxiété, et c’est sur une plage que nous pique-niquons. Si certains aspirent à un peu de repos mérité avant d’attaquer l’autre moitié, Eric et Jean-Claude s’affrontent dans une joute virile, quelques cailloux bien ciblés et c’est à celui qui fera les plus beaux ricochets, un caillou cochonnet et c’est à celui qui lancera un caillou boule le plus près.  Maurice, lui aussi venu pour la journée, essoufflé, veut parer au plus pressé. Tandis que le groupe prend l’itinéraire nouveau, Maurice et moi prenons l’itinéraire ancien pensant qu’il serait plus adapté aux randonneurs les moins entraînés. Que nenni ! descentes, montées, aussi abondantes que fatigantes,  toutes se suivent et se ressemblent, rattrapés à quelques km de là par les autres, qui semblent tout aussi éprouvés, nous passons la Passerelle de l’Ebron. Moins longue mais plus branlante, elle n’en demeure pas moins époustouflante. Retour le long de la plage, nous nous éloignons du Lac après un arrêt « mousse » bien mérité. Discussion un peu vive sur la distance parcourue, plus tard Jacques fort de son GPS admettra que nous avons parcouru 18 km et non 14 comme attendu.  Tout ça n’est pas grave,  reste l’essentiel : une superbe journée passée dans un site unique. Dîner-lasagnes, la pensée du soir revient à  Alain : « à table comme des lions, en rando comme des moutons ». 

Jeudi 24 – Rentrons dans le vif du sujet , aujourd’hui à la conquête du toit du Vercors : le Grand Veymont. Equipés pour une rude journée, le premier hic ne tarde pas à arriver. A la sortie du parking, nous sommes déjà arrêtés. Une flèche officielle jaune indique « Pas de la Ville », le GPS de Jacques ne veut pas y aller. Naturellement le gros de la troupe démarre sur l’itinéraire balisé suivi par les attardés. Assez vite, le balisage nous joue des tours, à tel point que nous perdons le parcours.  Un lit de torrent accidenté, quelques points sur les arbres repérés, un chaos rocheux de plus en plus enchevêtré … il faut se rendre à l’évidence et jouer profil bas,  l’engin de Jacques avait raison. Reprenant la tête du convoi, Jacques, pour qui la ligne droite n’a aucun secret, nous remet  sur le bon chemin non sans avoir bravé des gentianes au gabarit démesuré, des guêpes excitées, et s’être accrochés aux herbes pour ne pas glisser. Maintenant il  n’y a plus qu’à suivre la trace. Alain prend les commandes de la cordée, les prés aux fleurs multicolores disparaissent, les cailloux apparaissent, à la hauteur du Pas de la Ville nous jetons un furtif regard sur l’autre côté  et c’est dans le brouillard que nous atteignons le Grand Veymont, avec ses 1300 m de dénivelés. Sur le sommet quelques randonneurs au repos, adossés à un rocher nous récupérons, ô miracle les nuages se déchirent quelque peu, le temps de se rendre compte de la beauté du lieu. A peine la descente caillouteuse amorcée, des vautours majestueux volent au dessus de nos têtes, un bouquetin acrobate et son petit apeuré, une marmotte devant sa porte, le temps est suspendu, regarder ses pieds, éviter de tomber, et par-dessus tout profiter de ce moment tant convoité. A l’arrivée, malgré son nom, « la tourniole », la bière est d’un grand réconfort. Chut ! ce soir, surprise pour l’un d’entre nous, c’est l’anniversaire de Jean-Claude. Marie-Pierre, en épouse attentionnée, a tout prévu. Apéritif sur l’herbe, séance photos pour la postérité … et même bougies sur le gâteau au chocolat concocté par Nicolas.

Vendredi 25 – «Attention,  Mesdames et Messieurs, le spectacle va commencer ! ». 7 h les artistes déjeunent, arrivée sur le site après 1 h 30 de trajet, formalités liquidées, la troupe est redirigée en minibus vers le plateau de tournage. Son accès est barré. Des employés municipaux à l’envie soudaine de travailler ne veulent pas se déplacer. Notre chauffeur, freluquet, n’arrive pas à se faire respecter. Qu’à cela ne tienne, nous envoyons les gars de notre première ligne impatients de les dégager,  munis de leurs gilets de sauvetage leur donnant des allures de Tortues Ninja partant à l’abordage.  Malgré leurs intimidations qui laissent impassibles nos travailleurs forcenés nous devons finir à pieds. Aux filles, les pagaies ! aux garçons les canoës ! vous l’aurez compris, Alain notre chef suprême, nous a concocté une descente de la Drôme longue de, non pas 10 km, non pas 15, non pas 20 …mais 26 km, qui dit mieux ? au départ ça veut rien dire, à l’arrivée vous le sentez ! Les équipes entrent en piste, 2 par bateaux, un devant l’autre derrière, sauf un à cause du nombre impair. De loin, la rivière ressemble à un long fleuve tranquille, de près elle s’agite comme une anguille. Comble de malchance, ses eaux troublées ne permettent pas de repérer les rochers, il va falloir improviser. Mise à l’eau facile, le temps de s’installer, premiers remous, Maurice et moi sommes les premiers à culbuter. Trempés de la tête aux pieds, ça s’est fait ! il n’y a plus qu’à remonter. A chaque équipage, son chavirage ! Le clou du spectacle, nous le devons à deux comédiens malgré eux : Fabienne et Francis qui n’en finissent pas de faire leur numéro. Fabienne sait, Francis fait … quand ils arrivent à être synchros. Notre couple improbable se fâche, Fabienne courroucée par l’insulte suprême de son compagnon de jeu «on dirait un pot de fleurs ! ». Pour Francis, peu importe le sens pourvu que l’on avance, c’est ainsi qu’à la vidéo nous voyons passer comme une flèche le canoë de nos vedettes la proue derrière, la poupe devant ! Fabienne qui ne rêve que de se faire mener par un skipper chevronné, licencie son partenaire qui se retrouve seul à bord du mono-canoë. Notre homme n’est pas du genre à paniquer, il assure grave aux commandes de son jouet ! Regroupement sur une langue de galets, s’alimenter pour réconforter les corps endommagés. Il reste 6 km à pagayer, même si les plus fringants ne laissent rien apparaître en apparence, les têtes parlent pour eux, l’état général est piteux ! A peine sortie de scène, la troupe revit ses exploits et rit à gorge déployée de la représentation comique que vient d’exécuter sans le vouloir notre duo mythique. Au gîte, Nicolas et son épouse Fanny toujours aussi bienveillants, nous ont préparé un barbecue réconfortant. Même épuisés, plusieurs ne peuvent s’empêcher de jouer.

Samedi 26 – Oubliés … ou presque les efforts passés, le programme est respecté, nous partons  à l’assaut d’une des falaises dite Tête Chevalière. 1000 m de dénivelés, ça ne devrait pas nous rebuter, nous allons faire ça les « deux doigts dans le nez ». Approche sur le plat … une flèche, un sentier, et en avant Guingamp … point de lacets, raide est la montée ! il faut bien dire la vérité, des traces ont été laissées par la journée canoë. Le groupe vient de perdre sa tête, aussitôt remplacée par Jean-Claude et sa carte… sans oublier Jacques et son GPS. Quelle chance d’être arrivés en haut ! C’est trop beau ! un chamois à l’arrêt pour mieux se faire photographier, des fleurs dans les prés, des pins bonzaï tourmentés, des cairns aux drapeaux de prière décorés, ce qui fait dire à Jean-Claude « ce n’est tout de même pas le Népal ! ». En tout cas, pour nous, c’est le Graal ! des champignons-boules nucléaires, la vue est dégagée, en contrebas un troupeau de chamois pas du tout inquiet, du rocher le plus élevé nous appelons notre capitaine abandonné, après le pique-nique à l’abri d’arbres rabougris, nous redescendons pas le Pas de l’Aiguille. Et comme si nous n’en avions pas assez, nous décidons de rentrer à Chichilianne à pieds. Ce soir, le groupe est reconstitué avec déjà un sentiment de nostalgie et de tâche accomplie.

Dimanche 27 – C’est fini !

Les participants à cette tournée :

Alain et Josiane, Alain et Ghislaine, Claude, Eric et Isabelle, Jean-Claude et Marie-Pierre, Jean-Pierre et Nadine, Fabienne, Francis, Jacques, Maurice et Annie.

 

Récit d’Annie, marcheuse d’Accro-Rando

[Récit d’Annie] Sortie HRP

DEUX ETAPES DE LA HRP (HAUTE RANDONNEE PYRENEENNE)

 Du mardi 08 au jeudi 10 juillet 2014

 

Sortie haute montagne dans les Pyrénées, ce n’est tout de même pas l’Himalaya, pas besoin de sherpa, seulement une dose de volonté et le tour est joué ! ça, c’était avant … après, je vais vous le conter. 

Dix nous étions au départ, en tête du mini convoi, Alain et son fourgon, nous voilà partis pour Luchon. Arrêt obligatoire à Auch, son café, ses chocolatines, la routine pour les randonneurs de passage dans cette contrée. D’ailleurs le patron du bar a reconnu notre chef désigné, il se souvenait de sa tête vue l’an dernier.

Arrêt à Luchon pour louer un supplément de piolets et crampons ! Même pas percuté, pourtant l’évocation de ces appareils aurait dû me mettre la puce à l’oreille. L’organisation est pensée, le fourgon laissé aux Granges d’Astau au bas du Lac d’Oô, ramènera la troupe au départ, au Pont du Prat, là où tout va commencer ! Première énigme, le sac à dos de Claude, tout rikiki alors que les nôtres sont maous costauds ! L’essentiel ne semble pas être dans la quantité, il suffit d’avoir la qualité ! Deuxième énigme, la distribution à chacun chacune de ses crampons et de son piolet qui viennent, bien sûr, alourdir notre fardeau … une question me taraude : à quoi servent-ils pour une rando tranquille ? Est-ce pour faire pro ? le chef n’en fait-il pas trop ? Mi-journée, nous voilà partis pour le refuge du Soula, à 1400 m d’altitude, mise en jambe pour demain où nous devrions atteindre une altitude gratinée, après plus de 1500 mètres de dénivelées. Premiers lacets, deux hommes se laissent distancer, Jean-Marie le distrait vient de s’apercevoir qu’il a oublié son blouson dans l’auto de Jacques. Aussi sec, il rebrousse chemin suivi par le propriétaire qui ne confie ses clés à personne. Nous décidons de ne point les attendre et de poursuivre gentiment notre ascension. Ils nous rattraperont. Arrêt photos à la Vierge, presqu’arrivés, aucun retardataire en vue, où sont-ils passés ? Le refuge du Soula, nos deux amis sont là, goguenards, un raccourci plus des capacités naturelles à grimper ont suffi, nous sommes en retard ! Accueillis par Dédé, un copain de copains à Jacques, nous prenons possession de nos chambrées. En attendant le dîner, bien sûr apéro et belote, et enfin dodo avec pour berceuse le bruit d’un oiseau dans le chauffe-eau ! 

6 h 30, réveil, au petit déjeuner Dédé appelle la météo. Là haut, il ne fait vraiment pas beau ! brouillard, froid … neige ! L’apocalypse en plein été, dans les Pyrénées ! Soucieux de notre sécurité,  Dédé s’assure que nous sommes dotés des outils indispensables à notre survie. C’est charmant mais guère rassurant ! Il ajoute même  « ce soir, je téléphonerai pour voir si vous êtes bien arrivés ». Pourquoi tant de précautions voire d’appréhension ? dans le groupe, il y a des champions aguerris aux sommets pyrénéens … mais il y a aussi des amateurs non  habitués, leur seule volonté « se faire plaisir et surtout ne rien prouver ».  Encore plus conscients des difficultés, 8 heures, nous voilà partis vers les sommets. Premier palier, le lac de Caillauas,  Alain en profite pour tordre ses chaussettes détrempées, ses chaussures ont fait le plein dès le premier gué passé.  Quelques fleurs de rhododendrons, à la surface du lac flottent de gros glaçons, le paysage est sublime, nous sommes tous à fond … enfin, presque ! il faut bien se l’avouer  pour cette étape de la HRP il faut être un montagnard expérimenté. Pour Francis et moi, c’est la première fois que nous voyons des piolets, nous ne savons même pas les tenir encore moins s’en servir … et ne parlons pas des crampons ! Les cairns de la piste se cachent sous les premiers névés, les rochers sont de plus en plus escarpés, les zones d’éboulis de plus en plus étalées  … et par-dessus tout ça des flocons de neige viennent gâcher la luminosité. Il est grand temps de s’équiper, les dévers sont de plus en plus risqués, même si l’on n’en a pas envie, il faut suivre le GPS de Jacques qui indique le tracé au-delà de grands murs de neige glacée  tombant dans les lacs rencontrés, celui des Isclots et du Milieu. A un moment, il faut s’encorder. Alain, en chef héroïque, installe le dispositif, ne regarder que ses pieds, planter son piolet, à la corde s’accrocher, ça y est tout le monde est passé … à peine fini que ça recommence ! Même si quelques uns semblent très frais, les corps commencent à sérieusement fatiguer… il est 15 heures et nous n’avons toujours pas mangé. Une montée de glacier éprouvante, c’est au Col des Gourgs à 2900 mètres d’altitude, que nous nous posons, dans la froidure, pour absorber quelque nourriture … arrosée d’un vin extirpé du « baise-en-ville » de Claude.  Le ciel est toujours aussi bouché, il faut faire vite pour atteindre le refuge du Portillon qui –d’après le GPS- est tout prêt. C’est sûr il n’y a plus à grimper puisqu’il se situe à 400 mètres en contrebas, mais la descente est parsemée de nos chers névés qui ne veulent plus nous quitter ! Re-piolet, re-crampons, re-corde, après plus de 9 heures de progression nous arrivons enfin au Portillon. Dans l’entrée un énorme chien épuisé, un local chauffé avec l’espoir que demain nous repartirons avec des effets séchés, un dortoir dans lequel tous les 10 nous sommes entassés, une douche chaude à jeton bien méritée, une soupe de lentilles et « sucres lents » au  dîner, à peine 20 heures 30 les premiers sont couchés suivis rapidement par les derniers. A 10, la nuit est plutôt calme, les ronfleurs n’ont même plus la force de ronfler ! 

Debout là-dedans, il est 6 h 30, il faut se lever, aujourd’hui nous ne faisons que dégringoler !  Sur le pas de porte du refuge, nous regardons partir vers là d’où nous sommes arrivés un garçon solitaire et son chien, celui qui était dans l’entrée. Deux pattes pansées, il ne veut pas y aller, il hurle à la mort, il n’a pas le choix, son avis canin n’est pas écouté par son maître-chien.  Logique ! en redescendant point de névés, seulement quelques petits couloirs enneigés ! Et bien non, cette année, les passages neigeux sont nombreux et même qu’il faut ressortir la corde et le piolet ! Par temps clair, l’à-pic du mur est impressionnant, heureusement qu’il est étroit, je suis à saturation de grandes sensations ! Réapparaissent les arbres et les rhodos,  le cirque d’Espingo, le Lac d’Oô et sa cascade,  arrêt pique-nique au bord de ce dernier,  premier bilan, nous sommes contents et conscients d’avoir vécu une expérience extrême dans des conditions extrêmes, maintenant plus personne ne pourra plus douter de l’utilité des crampons et du piolet ! D’ailleurs, à ce propos, il a fallu expliquer à quelques personnes qui se moquaient ouvertement de notre attirail, pensant que nous nous la « pétions », qu’à se lézarder au bord du lac d’Oô ils ne pouvaient imaginer les conditions atmosphériques d’en haut.

Les Granges d’Astau, Francis qui n’en revient toujours pas prend en photo ses crampons et son piolet, Josiane libérée nous gratifie d’une étreinte soulagée, le breuvage de la fin de périple absorbé, entassés avec nos sacs dans le fourgon, au risque d’asphyxie, tels des clandestins, le Pont du Prat nous rejoignons.  

Comme dit notre Président « à Accro-Rando, on ne fait pas que de la montagne à vaches, un peu de HRP et après vous savez ce qu’est une sortie haute montagne » .

 

Récit d’Annie, d’Accro-Rando

Page 1 sur 2

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén